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Full text of "De la congestion pulmonaire dans la fièvre typhoïde, principalement au point de vue du traitement : thèse pour le doctorat en médecine : présentée et soutenue le 4 mai 1860 -- par Casimir-Laurent Michou"

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FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS. 


N” 68. 


THÈSE 

POUR 

LE DOCTOR.4T EN MÉDECINE, 

Présentée et soutenue le 4 mai 1860, 

Par CASimiR-liACBEniT MICHOIJ, 

né à Tanaerre (Yonne), 

Interne en Médecine et en Chirurgie des Hôpitaux de Paris, 

Élève de l’École pratique de la Faculté de Médecine , 

Membre correspondant de la Société Anatomique. 


DE LA CONGESTION PULMONAIRE 

DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE, 

PRINCIPALEMENT 

AU POINT DE VUE DU TRAITEMENT. 


Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties 
de l’enseignement médical. 






PARIS. 

RIGNOUX, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE, 

rue Monsieur-le-Prince, 31. 


1860 


1860,— Michou. 








FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS. 


Professeurs. 

M. le Baron P. DUBOIS, doïen. MM. 

Anatomie... .. JARJAVAY. 

Physiolof^ie.. LONGET. 

Physique médicale. GAVARRET. 

Histoire naturelle médicale. MOQUIN-TANDON. 

Chimie organique et chimie minérale. WURTZ. 

Pharmacologie. REGNAULD. 

Hygiène..... ...^.... BOÜGHAKDAT, Président. 

p.ü.oiosi.»ê<r.c.i..iKméoT. 

Pathologie chirurgicale. j GOSsSn 

Anatomie pathologiq,ue.... GRUYEILHIER. 

Pathologie et thérapeutique générafes. ANDRAL. 

Opérations et appareils..... ... MALGAIGNE. 

Thérapeutique et matière médicale. GRISOLLE.. 

Médecine légale..... ADELON. 

Accouchements, maladies dés femmes en, 

couches et des enfants nouveau-nés. MOREAU. 

1 BOUILLAUD. 

ROSTAN. 

PfORRY. 


Clinique chirurgicale. 


Clinique d’accouchements. 

Professeur honoraire, M. CLOQUET. 


'trousseau. Examinateur. 
VELPEAU. 

LAUGIER. 

NÉLATON. 

JOBERT DE LAMBALLE. 

P. DUBOIS. 

— Secrétaire, M. BOURBON. 


MM. ARAN. 

AXENFELD. 

BAILLON. 

BARTH. 

B LOT. 

BOUCHUT. 

BROCA. 

CHAUFFARD. 

DELPECH. 

DUGHAUSSOY. 

EMPIS. 

FANO. 

FOLLIN. 


Agrégés en exercice. 

MM. FOUCHER, Examinateur. 
GUBLER. 

GUILLEMIN. 

HÉRARD. 

LASÈGUE, Examinateur. 
LECONTE. 

PAJOT. 

REVEIL. 

RICHARD. 

BOUGET. 

TARDIEU. 

TRÉLAT. 

VERNEUIL. 


Par délibération du 9 décembre 1798, l’Ecole a arrête que les opinions émises dans lés dissertations qui hi 
seront présentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs, et qu’elle n’ciitend leur donner 
aucune approbation ni improbation. 
























k MON PÈRE ET A MA MÈRE. 


A MON FRÈRE ET A MA SOEUR. 


A MA BELLE-SOEDR ET A MON BEAU-FRÈRE. 






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A LA MÉMOIRE 

DE PHILIPPE BOYER. 


A M. BOUCHARDAT, 

Professeur d’Hygiène à la Faculté de Médecine de Paris, 
Membre de l’Aeadémie impériale de Médeeine, 
Chevalier de la Légion d’Houneur, etc. 

A M. LE D“ BÉHIER, 

Médecin de l’hôpital Beaujon, 

Agrégé libre de la Faculté de Médecine de Paris, 
Chevalier de la Légion d’Honneur, etc. 

A M. LE D^ LÉLUT, 

Médecin de la Salpêtrière, 

Membre de l’Institut, 

Officier de la Légion d’Honneur, etc. 


A M. LE D*^ CH. BERNARD, 

Médecin de l’hospice des Enfants Trouvés. 


A M. JOBERT DE LAMBALLE, 

Chirurgien de l’Hôtel-Dieu, 

Professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Paris, 
Membre de l’Institut et de l’Académie impériale de Médecine, 
Chirurgien ordinaire de l’Empereur, 

Commandeur de la Légion d’Honneur, etc. 





iiiv 1 m 


/''/.niUi-'VT-a a 

A MES AUTRES MAITRES DANS LES HOPITAUX : 

MM. LE PROFESSEUR MALOAIGNE, 
LES BOUNEAU, CÜSCO, VULPIAN, 
GIRALDÈS, FOUCHER. 

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DE LA 


CONGESTION PULMONAIRE 

DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE, 

PRINCIPALEMENT 


AU POINT DE VUE DU TRAITEMENT. 



AVANT-PROPOS. 


Nous ne possédons aucun spécifique pour guérir la fièvre ty¬ 
phoïde. Le médecin appelé à combattre cette maladie ne peut se 
flatter de l’espoir d’en arrêter la marche, la fièvre typhoïde bien 
caractérisée parcourt fatalement ses périodes avec plus ou moins de 
régularité ; bien plus, telle médication conviendra dans un cas, 
telle autre dans un cas différent. On conçoit qu’il doit en être ainsi, 
lorsque Ton se représente les formes diverses que peut revêtir la 
fièvre typhoïde, formes qui résultent de Texagération , de la prédo¬ 
minance dé tel ou tel symptôme ; lorsque Ton réfléchît aux compli¬ 
cations SV fréquentes, aux modifications qui surviennent si souvent 
dans le cours de la maladie. 

A cause précisément de ses formes diverses, dé sa marche fi^- 
quemraent trompeuse, des accidents qui peuvent la compliquer, au¬ 
cune maladie ne se prête aussi peu à une médication unique, inva¬ 
riable; aucune n’exige de la part du médecin plus de jugement, de 
tact, de prudence. Pour cette maladie, comme pour quelques 
autres, on ne peut souvent que s’en tenir à des appréciations dé 
détails plus ou moins délicates, qui parfois nécessitent chaque 
jour quelque modification dans la médicatiou. Le médecin, en pré- 




sence d’un malade atteint de fièvre typhoïde, doit donc se demander 
sans cesse quelles indications il doit remplir; il doit persister dans 
son traitement ou le modifier, selon que les indications restent 
constantes ou se modifient. Dans les cas simples, sans irrégularité, 
sans exagération d’un symptôme important, sans complication, 
l’expectation est, de l’avis des praticiens les plus expérimentés, 
Cbomel, MM. Andral, Cruveilhier, etc., la conduite la plus sage : 
la maladie se termine heureusement, après avoir parcouru ses pé¬ 
riodes, et la convalescence est facile et de peu de durée. Mais il n'en 
est pas toujours ainsi : lorsque la maladie revêt une forme redou¬ 
table ou qu’il se manifeste quelque complication , on est souvent 
conduit à instituer une médication énergique; parfois même on a 
à combattre simultanément plusieurs accidents qui fournissent cha¬ 
cun des indications différentes. 

Parmi les formes de la fièvre typhoïde, une des plus communes est 
la forme dite pectorale ou thoracique, caractérisée principalement 
par la gêne de la respiration et par les conséquences d’une héma¬ 
tose incomplète, gêne que Chomel attribuait à la faiblesse des 
contractions musculaires, mais qui reconnaît des causes plus nom¬ 
breuses et plus complexes. Dans certaines constitutions médicales, 
cette forme domine tellement la maladie, que les soins du médecin 
sont presque exclusivement dirigés contre les accidents qu’elle dé¬ 
termine, et que, ces accidents une fois conjurés, la maladie est 
ramenée à sa forme simple, régulière ; c’est ce que nous avons vu 
à l’hôpital Beaujon en 1857 et 1858, dans le service de mon excel¬ 
lent et savant maître, M. le D*^ Béhier. Les succès remarquables 
que nous avons constatés alors m’engagent à exposer en détail le 
traitement qu’instituait M. Béhier, et pour montrer combien ce 
traitement est rationnel, combien il répond aux indications fournies 
par les lésions anatomiques et par les symptômes , j’exposerai 
d’abord succinctement l’anatomie pathologique , les symptômes, et 
le diagnostic, le pronostic, les causes, etc., de la congestion pul¬ 
monaire dans la fièvre typhoïde. 



ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 


' Tous les auteurs qui ont étudié la fièvre typhoïde ont signalé la 
congestion pulmonaire comme fréquente dans cette maladie : 
Laënnec, Chomel, MM. Andral, Louis, Bazin, etc., insistent avec 
raison sur ce symptôme. La quantité considérable de sang qui passe 
sans cesse dans le poumon , l’immobilité que gardent presque tou¬ 
jours les malades, et qui produit l’hypostase, la bronchite conco¬ 
mitante, et la difficulté de l’expectoration , la diminution des forces 
du malade, etc., suffiraient pour expliquer cette hyperémie, si le 
siège en était constamment aux parties déclives; mais il n’est pas 
très-rare de la trouver en d’autres points du poumon. La cause prin¬ 
cipale nous échappe donc , et les circonstances signalées plus haut, 
tout en concourant puissamment au développement de la conges¬ 
tion , n’en sont que des causes d’un ordre secondaire. 

FRÉQUENCE. 

«L’hyperéraie pulmonaire est donc très-fréquente, sinon con¬ 
stante, dans la fièvre typhoïde» (Bazin). Chomel, sur.31 nécro- 
psies, l’a rencontrée 20 fois à des degrés divers , en des points 
variables; MM. Louis, Andral, l’ont également trouvée dans les 
deux tiers des cas; M. Rilliet (thèse inaugurale, 1840) n’a vu que 
trois fois, chez les enfants morts de fièvre typhoïde, les poumons 
exempts de congestion ; M. Taupin l’a toujours rencontrée ; M. Bazin 
en fait une lésion presque aussi constamment inhérente à la fièvre 
typhoïde que les lésions intestinales. Je l’ai vue également dans pres¬ 
que tous les cas où j’ai eu l’occasion d’examiner les poumons dans 
les autopsies de fièvre typhoïde. Aussi je ne considère l’hyperéniie 
pulmonaire de cette maladie que comme un degré plus élevé de la 
lésion organique de la maladie dans sa forme simple, c’est-à-dire 

1860. — Michou. 2 


— 10 — 

comme une extension, aux capillaires du poumon, de la congestion 
bronchique. 

SIÈGE. 

Presque toujours la congestion siège aux parties les plus volu- 
mineuse^ et les plus déclives ; quelquefois un seul poumon en est 
affecté, c’est alors le plus souvent le poumon droit : ainsi, sur les 
20 cas de Chomel, 14 fois les deux poumons étaient hyperémiés, 
5 fois le poumon droit seul, 1 fois le gauche. On trouve parfois la 
lésion organique en d’autres points, au milieu d’un lobe , en avant; 
mais ces cas sont exceptionnels : du moment où il y a tendance à 
l’hyperémie, il est tout naturel que le sang se porte, grâce à sa 
pesanteur spécifique, aux parties les plus déclives. M. Louis pro¬ 
fesse que jamais on ne l’a vue au sommet ; celte assertion est trop 
absolue, puisque M. Andral cite trois cas de congestion siégeant au 
lobe supérieur seulement, sans que pendant la vie on ait observé 
des symptômes de pneumonie (Clinique, obs. 14, 27, 45). 

ÉTENDUE. 

Rien de plus variable que l’étendue de cette congestion : tantôt 
un lobe tout entier est envahi, excepté à sa partie antérieure ; 
tantôt la lésion est très-circonscrite, et se présente sous forme de 
noyaux plus ou moins nombreux, plus ou moins volumineux, que 
l’on pourrait, à un examen superficiel, prendre pour des noyaux 
apoplectiques, d’autant plus que cette dernière lésion s’observe 
quelquefois ; d’autres fois les parties inférieures des deux lobes sont 
congestionnées. Le plus ordinairement l’hyperéraie ne s’étend guère 
au delà de la moitié inférieure et postérieure de l’un ou des deux 
lobes inférieurs. 

FORMES ET CARACTÈRES. 

La plupart des auteurs reconnaissent trois formes ou étals mor- 


— 1 


bides dans la congestion pulmonaire symptomatique de la fièvre ty¬ 
phoïde : 1° engouement; 2° splénisation, ou hépatisation, ou carni¬ 
fication; 3° apoplexie. Les deux premières formes ne sont que des 
degrés différents du même état pathologique, degrés qui se suc¬ 
cèdent graduellement, et entre lesquels n’existe pas de limite tran¬ 
chée; la troisième forme peut se montrer au commencement même 
de l’affection, pourvu que la congestion se produise rapidement et 
avec intensité; très-rarement'elle survient après les deux autres, et 
elle n’en est jamais la conséquence. 

forme. Engouement. Dans l’engouement, le poumon est rouge 
foncé; il crépite encore un peu; sa densité est augmentée, quoique 
à un degré moindre que dans la pneumonie ; il descend en hésitant 
au fond de l’eau, ou même il n’a de tendance ni à tomber au fond 
du vase ni à surnager. On pourrait confondre cet état avec le pre¬ 
mier degré de l’inflammation du poumon ou avec la congestion 
hypostatique cadavérique; mais, dans l’engouement symptomatique 
de la fièvre typhoïde, le poumon est encore difficile à déchirer ; si 
on l’incise, on en distingue nettement les éléments (bronches, vais¬ 
seaux, tissu cellulaire) ; il s’écoule à la surface de l’incision un li¬ 
quide rouge-brun, non spumeux ; le liquide qui sort des bronches 
est incolore, visqueux, ou épais et puriforme ; en un mot, ce liquide 
est purement bronchique ; le lavage, les pressions répétées, les ma¬ 
laxations, l’insufflation, redonnent au poumon son aspect normal, 
si la congestion est récente; si cette congestion est plus ancienne, 
les parois des vaisseaux, les cellules pulmonaires, imbibées, comme 
macérées dans le sang, conservent une teinte rouge. Dans l’en¬ 
gouement inflammatoire, le tissu de l’organe se déchire facilement 
et ne crépite plus ; ses éléments sont confondus, pénétrés qu’ils sont 
par la lymphe plastique que sécrète l’organe phlogosé; de toute la 
surface de section, suinte un liquide séro-sanguinolent, rougeâtre, 
spumeux ; un fragment de poumon jeté dans l’eau va immédiatement 
au fond, à cause de sa densité considérable; le lavage, l’insufflation. 


— 12 — 

les malaxations, ne sauraient rendre au poumon son aspect normal. 
Dans la congestion purement cadavérique, le siège est plus généra¬ 
lement aux parties déclives; la nuance est plus terne, parfois mar¬ 
brée de taches brunes ; le lavage, les malaxations, redonneront 
toujours au poumon son aspect normal ; pendant la vie, on n’avait, 
avant la période ultime, constaté aucun phénomène en rapport avec 
une hyperémie pulmonaire. , 

2® forme. Splénisation, ou carnification (Louis), ou hépatisation. 
Que l’hyperémie gagne en intensité, elle atteint la deuxième forme: 
rougeur plus foncée, presque bleuâtre; densité du poumon encore 
augmentée, sans cependant l’être autant que dans la pnenmonie; 
doigt pouvant s’enfoncer dans le parenchyme , quoique moins faci¬ 
lement que dans le cas de phlegmasie; éléments distincts encore; 
écoulement de sang brun, non aéré, par les surfaces incisées, sur 
lesquelles on voit des zones de nuances plus ou moins foncées, mais 
pas de granulations ; retour de l’organe à l’état normal possible, 
quoique difficile, par l’insufflation, le lavage, les malaxations; ja¬ 
mais de transformation grise ou d’infiltration purulente. La diffé¬ 
rence entre ce degré et le poumon phlogosé est surtout évidente 
quand, en même temps, il y a complication de pneumonie, princi¬ 
palement, ce qui est la règle, si les deux lésions sont situées l’une à 
côté de l’autre. 

3® forme. Apoplexie. Si la congestion est tout d’abord rapide et 
intense, les parois des vaisseaux capillaires qui en sont le siège cè¬ 
dent sous la pression du liquide sanguin , et il se forme des noyaux 
apoplectiques plus ou moins nombreux, de volume variable, mais 
jamais bien considérable. Cette forme n’est donc pas la suite, la 
conséquence des deux premières ; elle existe en même temps qu’elles. 
On la trouve ordinairement dans un espace peu étendu; elle ne se 
rencontre pas quand la fièvre typhoïde a une marche lente, que le 
malade est tombé dans l’adynamie. On pourrait confondre l’apo- 


— 13 — 

plexie symptomatique avec l’apoplexie ordinaire; mais, dans l’apo¬ 
plexie de la fièvre typhoïde, les noyaux sont comme jetés au milieu 
d’une surface rouge continue, le tissu pulmonaire n’est pas détruit ; 
dans l’apoplexie ordinaire, le sang s’est creusé, au milieu d’une 
partie congestionnée circonscrite, une cavité anfractueuse aux dé¬ 
pens du tissu, qui est dilacéré : un filet d’eau dirigé sur ce noyau 
en chasse le sang, et l’on constate alors que le tissu a été détruit. 

À priori on conçoit que le sang, dans la congestion pulmonaire, 
est hrun, puisque la circulation pulmonaire est ralentie. D’après 
MM. Andral et Gavarret, le chiffre des globules tantôt est normal, 
tantôt s’élève et atteint le chiffre de l’état pléthorique: ce dernier 
résultat ne se rencontre que chez les individus pléthoriques frappés 
par la maladie. Les matériaux solides du sérum ne subissent pas de 
changements notables. Le chiffre de la fibrine n’est jamais augmenté, 
souvent même il diminue : cela arrive en particulier lorsque la ma¬ 
ladie est grave, lorsqu’il se développe un état adynamique, et qu’il 
y a tendance à la production d’hémorrhagies. 

Cet état d’hyperémie, si la maladie tend à la guérison, diminue 
peu à peu , et le poumon reprend à la fin son état normal; mais, si 
l’hyperémie s’accroît, le poumon devient de moins en moins apte à 
remplir ses fonctions, et le malade meurt, non par le fait de la fièvre 
typhoïde, en tant que maladie générale, mais par asphyxie lente, 
ainsi que je le dirai dans les symptômes. 

Je ne décrirai pas les autres lésions de la fièvre typhoïde. Je dirai 
seulement que le cœur, contrairement à ce qu’on aurait pu croire 
en considérant la difficulté de la circulation pulmonaire, n’a pas 
augmenté de volume ; cela tient à ce que cet organe, comme tout 
autre muscle, ne s’hyperlrophieque très-lentement et sous l’influence 
d’un surcroît de travail très-longtemps continué, condition qui 
n’existe pas dans une maladie à marche rapide, comme la fièvre ty¬ 
phoïde à forme thoracique. 


— 14 — 


SYMPTÔMES ET DIAGNOSTIC. 

Les symptômes propres à îa forme thoracique de la fièvre ty¬ 
phoïde sont parfaitement en rapport avec la lésion pulmonaire; ils 
consistent essentiellement dans la gêne de la respiration. On a quel¬ 
quefois confondu le deuxième degré avec l’hépatisation de la pneu¬ 
monie ; et comme on n’^avait pas constaté les symptômes généraux, 
et fa plupart des symptômes locaux de l’inflammation du poumon, 
on a dit que la pneumonie était latente ; cette confusion est très- 
fâcheuse , car elle conduit à instituer un traitement peu rationnel, 
et dont les funestes effets ne se font pas attendre. On ne saurait 
donc apporter trop d’attention au diagnostic de l’hyperémie pulmo¬ 
naire symptomatique de la fièvre typhoïde. 

Rarement la congestion existe au début delà maladie; elle sur¬ 
vient ordinairement après huit, dix, quinze jours et plus. II est vrai 
que la toux, ce symptôme à peu près constant de la fièvre typhoïde, 
est une circonstance favorable à la production de la congestion; 
mais, entre l’hyperémie bronchique et la congestion pulmonaire, il 
y a une différence énorme. 

Lorsque la fièvre typhoïde revêt la forme thoracique, voici, outre 
les autres symptômes de toute dothiénentérie, les phénomènes que 
l’on observe à chaque degré. 

degré. Très-rarement un frisson marque le début de la con¬ 
gestion ; la respiration , qui jusque-là, malgré la toux, avait été 
libre, devient graduellement embarrassée, pénible; elle s’accélère 
jusqu’à trente, quarante inspirations par minute; les mouvements 
d’élévation des côtes pour dilater la poitrine se font avec effort; à 
chaque inspiration, les ailes du nez se dilatent; la toux devient plus 
fréquente, surtout à la fin de la nuit; elle est étouffée, incomplète, 
si l’hyperémie est intense ; les crachats sont visqueux , muqueux, 
incolores ou puriformes ; le malade affaibli ne peut les expulser au 


— 15 — 

delà des lèvres, où ils se dessèchent et forment des croûtes noir⬠
tres , si l’on n’a le soin de les enlever. La percussion n’indique pas 
de matité proprement dite ; mais, au niveau des parties congestion¬ 
nées , on constate une diminution de la sonorité et de l’élasticité 
des parois thoraciques. L’auscultation , qui jusque-là n’avait révélé 
que des râles sonores et des râles muqueux à grosses bulles, montre 
que la respiration est un peu rude, que les râles humides sont de¬ 
venus plus fins et plus nombreux, entremêlés d’une manière remar¬ 
quable avec des râles sibilants; il en résulte un timbre tout particu¬ 
lier, qu’on n’oublie plus lorsqu’on l’a entendu une fois. M. Bazin 
avait signalé ce mélange de râles, et avait proposé, à tort selon moi, 
de le nommer râle typhoïde; car il existe dans tous les cas où la 
bronchite coexiste avec la congestion pulmonaire. 11 y a une légère 
augmentation du retentissement de la voix, augmentation qui ne va 
jamais jusqu’à la bronchophonie. La respiration est incomplète, af¬ 
faiblie ; l’air est comme arrêté dans sa course, parce que le calibre 
des bronchioles est rétréci, et les vésicules se dilatent à peine. 
Comme conséquence, les pommettes, les lèvres, etc., deviennent vio¬ 
lacées, les extrémités se refroidissent; les téguments se couvrent 
d’une sueur froide; en un mot, tous les signes d’une asphyxie lente 
se manifestent. Le pouls est ordinairement plus fréquent et plus 
plein qu’avant l’apparition de la forme pectorale ; le cœur, par une 
augmentation dans l’énergie ét la rapidité de ses contractions, 
cherche à vaincre l’obstacle qui s’oppose à la circulation pulmonaire, 
et ce surcroît d’énergie contribue encore à aggraver l’état de l’or¬ 
gane de la respiration. Néanmoins le malade n’accuse dans la poi¬ 
trine aucune douleur aiguë; il se plaint à peine d’une douleur sourde, 
ou plutôt d’une gêne, d’une oppression, bien faciles à comprendre. 

Il est clair que les signes locaux révélés par la percussion et par 
l’auscultation existent sur une large étendue ou sur des points cir¬ 
conscrits , selon que la congestion occupe une surface continue ou 
des ilôts multiples. De même il est évident que ces signes peuvent 


— 16 — 

s’étendre ou diminuer, que ces ilôts peuvent se réunir pour former 
de grandes surfaces ou disparaître, selon la marche de l’hyperéraie. 

2® degré. Si l’intensité de la congestion augmente , ce qui est 
presque fatal lorsque l’art n’intervient pas avec intelligence, les 
symptômes thoraciques s’aggravent également : la respiration de¬ 
vient plus gênée, plus pénible, plus fréquente; la toux est ordinai¬ 
rement rare; les crachats, toujours visqueux, puriformes, sont quel¬ 
quefois recouverts de stries sanguinolentes, mais jamais mélangés 
de sang s’il n’y a pas complication de pneumonie. Au niveau des 
points qui sont le siège de l’hyperémie, l’élasticité des parois pecto¬ 
rales a encore diminué, et l’on y constate une submalité légère. 
l.’auscultation fait entendre une respiration bronchique éloignée, 
peu distincte, masquée par des râles plus gros et plus humides; les 
vésicules se dilatent encore moins, aussi le murmure vésiculaire 
«st-il à peine perçu. Le visage est alternativement violacé et pâle. 
Lé pouls est d’autant plus développé et plus fréquent, que la lésion 
et les symptômes pulmonaires sont plus prononcés. Les extrémités 
se refroidissent de plus en plus; la surface du corps se recouvre 
d’une sueur froide abondante : en un mot, l’asphyxie lente fait des 
progrès incessants. 

3® degré. Je n’ai pas eu l’occasion d’observer la forme dite apo¬ 
plectique. D’après les auteurs, elle s’annonce par des troubles pro¬ 
fonds de la respiration , survenant rapidement. Les râles muqueux 
que l’on entend ne diffèrent pas des autres râles humides ; il n’y a 
point d’hémoptysie, et les noyaux hémoptoïques sont ordinairement 
trop peu étendus pour que l’on puisse dire qu’il y a apoplexie. Le 
diagnostic de cette forme d’hyperémie doit être très-obscur ; je 
pense qu’il est difficile de faire plus que de la soupçonner. 

Quelle que soit la forme ou le degré de la congestion pulmonaire, 
il est évident que, de même que les lésions anatomiques se voient 


— tr¬ 
ie plus souvent en arrière et à la base , de même les signes sensibles 
existent le plus souvent en ces points. Ailleurs on ne constate que 
les phénomènes de la congestion bronchique inhérente, pour ainsi 
dire, à la fièvre typhoïde. 

Une lésion aussi profonde, se manifestant par des troubles fonc¬ 
tionnels aussi prononcés dans un organe de l’importance du pou¬ 
mon , cette branche du trépied vital, a bientôt pour conséquence 
l’anéantissement du peu de forces que conservait encore le malade. 
Aussi celui-ci est-il fatigué par les mouvements qu’on lui imprime ; 
il répond à peine aux questions qu’on lui adresse ; il manifeste 
comme il peut son désir de rester en repos et son impatience, lors¬ 
qu’on cherche à le tirer de cet état de tranquillité apparente , ou 
plutôt d’accablement profond. Assez souvent il survient du délire , 
mais un délire non bruyant, se manifestant par des paroles incohé¬ 
rentes , à peine articulées, de la carphologie, etc. 

Je ne parlerai pas des autres symptômes propres à toute fièvre 
typhoïde ; je dirai seulement que les phénomènes morbides abdo¬ 
minaux ont, en général, une intensité d’autant moindre que les 
symptômes thoraciques sont plus prononcés; il peut même arriver, 
comme dans l’observation 6, qu’il n’y ait aucun trouble fonctionnel 
du côté de l’abdomen. Il semble que la maladie se concentre en 
quelque sorte au poumon. 

On voit que la congestion pulmonaire se distingue de la pneumo¬ 
nie, en ce que celle-ci débute brusquement par un frisson et par 
la douleur de côté ; presque en même temps apparaissent les cra¬ 
chats caractéristiques , très-visqueux , transparents, d’abord jau¬ 
nâtres , puis rouillés, puis bruns, à cause de leur mélange intime 
avec du sang ; au niveau du siège de l’infiammation, existe une ma¬ 
tité absolue ; l’auscultation permet de constater l’existence de râles 
crépitants, puis du souffle et de la bronchophonie ; enfin, comme 
phénomènes généraux, une fièvre intense, un pouls fort, plein, 
développé ; de la codstipation ; le chiffre de la fibrine s’élève de 2,7 
jusqu’à 4', 6, 8 et même 9 millièmes. 

1860. ^ Michou. 3 


— 18 — 


MARCHE, DURÉE, TERMINAISON. 

La marche de la congestion pulmonaire dans la fièvre typhoïde 
est le plus souvent continue. Les rémissions, lorsqu’il s’en manifeste 
spontanément, ce qui est rare, sont légères et de peu de durée; elles 
sont bientôt suivies du retour de l’état précédent. 

Lorsqu’on abandonne aux seuls efforts de la nature une fièvre 
typhoïde à forme thoracique, la durée, dans les cas graves, est 
courte : quelques jours, un ou deux septénaires au plus., peuvent 
amener une terminaison fatale ; le malade meurt par asphyxie lente, 
par anhématosie. Dans les cas légers, c’est-à-dire lorsque la conges¬ 
tion est peu intense, peu étendue, la durée est plus considérable, 
les parties saines du poumon suffisant à l’hématose' : l’engouement 
peut alors quelquefois se dissiper spontanément. Mais il ne faut pas 
compter sur cette terminaison heureuse : les malades n’ont ordinai¬ 
rement pas assez de force pour faire les frais du travail de guérison., 
et la congestion continue à s’accroître petit à petit. On doit donc, 
dans tous les cas, combattre l’hyperémie par les moyens qui sont 
indiqués à l’article Traitement, et qui heureusement, lorsqu’ils sont 
bien employés, peuvent donner d’excellents résultats. 

PRONOSTIC. 

Le pronostic d’une maladie dans laquelle, outre la gravité de 
l’état général, une partie d’un organe aussi important que le pou¬ 
mon fonctionne peu ou point, est très-sérieux. Il serait aussi grave 
que celui de la forme ataxique et de la forme adynamique, sî la thé¬ 
rapeutique n’était pas, contre la forme pectorale, très-puissante. Le 
pronostic est d’autant plus grave que le malade est d’une constitu¬ 
tion plus faible, que la congestion est plus étendue et plus intense, 
que la maladie remonte à une époque plus reculée, qu’il survient 
des troubles cérébraux. Dans une excellente thèse sur une épidémie 


-io¬ 
de fièvre typhoïde observée en 1845, M. Castex (Thèses de 1848) 
signale les heureux résultats du traitement institué par M. Gillette, 
et ajoute que les seuls décès qu’on eut à regretter furent dus à la 
congestion pulmonaire ou pneumonie hypostatiqne. 

CAUSES. 

Je ne dirai rien de l’influence que Tâge, le sexe, la profession-, etc., 
pourraient avoir sur la production de la congestion pulmonaire dans 
la fièvre typhoïde; ces conditions ne me paraissent pas avoir une 
grande puissance. 11 n’en est pas de même de la constitution et des 
aptitudes pathologiques : les individus faibles, ceux qui sont sujets 
aux bronchites, y paraissent prédisposés plus que les autres. La po¬ 
sition du malade dans son lit, l’affaiblissement qu’amène la prolon¬ 
gation de la maladie , y ont aussi une grande part ; le sang a une 
tendance marquée à se porter aux parties déclives et à y séjourner, 
surtout dans un organe spongieux et dans lequel passe à chaque in¬ 
stant toute la masse sanguine de l’économie, si une puissance suffi¬ 
sante ne chasse pas ce sang. Mais l’hyperémie pulmonaire reconnaît 
d’autres causes : en effet, il peut arriver que la congestion se ren¬ 
contre ailleurs qu’à la partie postérieure et inférieure du poumon ; 
alors on ne saurait invoquer comme cause l’hypostase; dans ces cas, 
la cause nous échappe à peu près complètement. 11 en est de même 
quand elle ne se manifeste q,ue sur un seul poumon , et que cepen¬ 
dant le malade a gardé le décubitus dorsal. L’existence d’une bron¬ 
chite catarrhale intense favorise la production ou l’augmentation de 
fhyperémie pulmonaire. 

Outre ces causes tout individuelles, il en est une, générale, que je 
ne saurais passer sous silence ; je veux parler de la constitution mé¬ 
dicale. Dans certaines épidémies, toutes ou presque toutes Içs fièvres 
typhoïdes revêtent la forme thoracique : à quoi cela tient-il ? Nous 
l’ignorons complètement, de même que nous ignorons les causes de 
la plupart des maladies épidémiques. 


— 20 — 


En résumé, les causes principales de !a congestion pulmonaire 
que l’on observe dans la fièvre typhoïde sont la bronchite, l’hy- 
postase, la faiblesse du malade, la texture et les fonctions de l’or¬ 
gane, la constitution médicale. 

NATURE. 

La congestion pulmonaire de la fièvre typhoïde n’est pas le pre¬ 
mier degré de la pneumonie; le début, les symptômes, la marche, 
en diffèrent essentiellement. Lorsqu’on voit une pneumonie sur¬ 
venir dans le cours de la fièvre typhoïde, c’est à titre de complica¬ 
tion , de maladie nouvelle, ayant ses caractères propres. L’hy- 
perémie qui fait le sujet de ma thèse ne pourrait donc pas être 
rangée parmi les congestions actives; elle n’est pas non plus pure¬ 
ment passive, puisqu’elle se voit quelquefois en d’autres points 
qu’aux parties déclives. On a vu plus haut que les causes qui la pro¬ 
duisent sont multiples , très-diverses; on doit en conclure que la 
nature de cette congestion n’est pas aussi simple qu’on pourrait le 
penser au premier abord ; je dirai même qu’elle n’a pas été parfai¬ 
tement précisée par les auteurs qui l’ont étudiée. Dans l’état actuel 
de nos connaissances, le nom de pneumohémie hypostatique, créé 
par M. le professeur Piorry, est, à mon avis, celui qui lui convient 
le mieux. 

TRAITEMENT. 

Dans l’anatomie pathologique, j’ai montré comment on redonne 
au poumon hyperémié son aspect normal par des manœuvres qui 
en expulsent le sang dont il est gorgé. A l’article Symptomatologie, 
j’ai exposé les phénomènes morbides qui, sur le vivant, sont si bien 
en rapport avec la congestion de l’organe. De la connaissance des 
symptômes et de l’état pathologique qui les occasionnent découle 
naturellement l’indication à remplir : s’opposer à l’afflux du sang 
dans le poumon, activer l’expulsion de celui qui est entré. Mais 


— 21 


comment pourra-t-on remplir celte double indication? Les princi¬ 
paux moyens que l’on emploie le plus ordinairement, seuls oa 
combinés, sont la position, les antiphlogistiques, les évacuants, les 
révulsifs cutanés, la diminution de la pression extérieure. Je ne par¬ 
lerai que de l’administration de l’eau de Seltz à haute dose, que le 
D' Clanny, d’après des idées purement théoriques, conseillait pour 
redonner au sang l’acide carbonique qui était censé lui faire dé¬ 
faut; je ne dirai rien non plus des chlorures alcalins qu’on a admi¬ 
nistrés contre la septicité du sang : ces deux médications n’ont 
donné de résultats que pour l’imagination prévenue de leurs inven¬ 
teurs, car les expériences ultérieures ont complètement échoué. 

Position. La position seule ne saurait, en aucun cas, combattre 
avantageusement la congestion pulmonaire ; néanmoins la position, 
est un auxiliaire précieux, quelle que soit la méthode généralé de 
traitement que l’on adopte : en effet, en plaçant avec précaution le 
malade tantôt sur un côté, tantôt sur l’autre, en lui élevant la tête 
et le thorax, on facilite la circulation pulmonaire, on s’oppose plus 
ou moins à l’hypostase, et l’on combat ainsi l’une des causes de la 
pneumohémie. 

Antiphlogistiques. Les saignées, soit générales, soit locales, pa¬ 
raissent rationnellement indiquées dans le cas de congestion pul¬ 
monaire, puisque, diminuant la masse du sang, elles diminuent 
d’autant la quantité de ce liquide qui afflue au poumon ; sans 
doute elles seraient utiles si la congestion était active, si elle appa¬ 
raissait quand le malade conserve encore des forces. Or nous avons 
vu que cette hyperémie est loin d’être active, qu’elle survient à une 
époque où le malade est notablement affaibli. Ce ne serait pas sans 
danger que l’on pratiquerait des émissions sanguines, à moins d’in¬ 
dication spéciale fournie par quelque complication de nature in¬ 
flammatoire. Au lieu d’augmenter l’adynamie du malade, on a sou- 


— 22 — 

vent, dans ce cas, besoin de soutenir ses forces : Ta saignée doit 
donc être repoussée. 

Émcuants. Les voTniti'fs sont parfaitement indiqués dans l'a con¬ 
gestion pulmonaire : les secousses que déterminent les efforts de 
vomissement contribuent puissamment à débarrasser le poumon 
des liquides qui le gorgent; aussi obtient-on parfois de bons effets 
de remploi des émétiques. Mais, pour que ces effets se continuent, 
il faut répéter chaque jour r'admînistration dé ces médicaments, et, 
comme les vomissements fatiguent beaucoup le malade, fa faiblesse 
de celui-ci est souvent une contre-indication formelle. On ne doit 
donc recourir à ce moyen qu’autant que les forces du malade le 
permettent. Parmi les vomitifs, Tipécacuanha mérite la préférence ; 
le tartre stibié, outre les inconvénients que l’on peut reprocher aux 
vomitifs, a encore ceux de déprimer par ses qualités propres, et de 
provoquer souvent des diarrhées qui pourraient devenir inquié¬ 
tantes. ■ 

Les purgatifs ne me paraissent pas apporter d’amélioration dans 
les cas de congestion pulmonaire; ils ne doivent être administrés 
que pour répondre à d’autres indications. 

Révulsifs cutanés. L’application sur les côtés de la poitrine de 
vésicatoires volants successivement répétés concourt puissamment 
à faire disparaître les congestions pulmonaires : cependant il ne 
faudrait pas en abuser; dans certains cas même, on devrait s’en 
abstenir. En effet, la douleur déterminée par le vésicatoire peut 
être assez forte pour devenir une contre-indication puissante ; par¬ 
fois aussi, la surface, dépourvue de son épiderme, se recouvre de 
productions pultacées, de pseudo-membranes, qui, se développant 
dans le cours d’une maladie septique, peuvent être le point de dé¬ 
part d’accidents redoutables. L’observation 3 est un exemple re¬ 
marquable de cette production de fausses membranes. Pendant une 


— 2’d — 

épidémie de diphthérie, les vésicatoires doivent être formellement 
proscrits. 

Les rubéfiants, tels que les sinapismes, sont aussi trop doulou¬ 
reux, et leur action est d’une trop courte durée; néanmoins ils 
pourraient être d’un grand secours, s’il y avait menace de suffoca¬ 
tion, en attendant que l’on pût employer d’autres moyens : on les 
appliquerait sur les membres inférieurs et autour de la poitrine. On 
pourrait aussi, en pareil cas, appliquer, au niveau du diaphragme, 
le marteau de Mayor, qui agit avec promptitude et énergie, mais qui 
a le double inconvénient d’être horriblement douloureux et de pro¬ 
duire la vésication. 

Diminution de la pression extérieure,: J’arrive au moyen que je 
considère comme excellent, eu vertu de son innocuité et des beaux 
résultats que je lui ai vu produire entre les mains habiles de mon 
savant maître M. Béhier; je veux parler des ventouses sèches ap¬ 
pliquées en grand nombre sur les membres inférieurs et même sur 
la poitrine. 

La physiologie nous apprend que l’augmentation de la pression 
extérieure diminue , et peut même effacer le calibre des vaisseaux 
superficiels de la partie soumise à cette pression, de sorte que le 
sang n’y circule plus qu’incomplétement et se porte dans les vais¬ 
seaux profonds ; le pouls a une tendance notable à la fréquence , il 
devient plein et dépressible ; la respiration s’embarrasse. La dimi¬ 
nution de la pression extérieure produit les effets contraires : les 
fluides intérieurs affluent aux parties où l’on a raréfié l’air, les vais¬ 
seaux superficiels deviennent turgides ; la peau se distend et se co¬ 
lore , ses fonctions acquièrent un surcroît d’activité, sa surface se 
couvre de sueur ; la chaleur superficielle s’élève, la partie soumise à 
cette raréfaction*augmente de volume, et , comme conséquence, elle 
est le siège d’un engourdissement léger et fugace. Comme phéno¬ 
mènes généraux, la face pâlit, la respiration devient plus facile, le 


— 24 — 

pouls perd de sa fréquence, l’activité des fonctions du tube digestif 
diminue. 

Ces effets dus aux variations de la pression extérieure, que l’ex¬ 
périence journalière vérifie, conduisirent M. le D'’ Junod à inventer 
ses appareils, trop connus pour que je les décrive, et qu’il emploie 
pour produire des révulsions cutanées rapides et énergiques. La ven¬ 
touse Junod doit donner de bons résultats dans le cas de congestion 
pulmonaire , mais elle présente les inconvénients suivants : on ne 
l’a pas toujours à sa disposition; elle est, pour le malade, un objet 
de gêne, de fatigue, peut-être même d’appréhension ; la révulsion 
qu’elle produit est trop forte par chaque coup de piston, et pourrait 
amener une syncope. Ces considérations ont porté M. Béhier à sub¬ 
stituer aux appareils de M. Junod les ventouses sèches, qui en ont 
tous les avantages, sans en avoir les inconvénients. M. Béhier ap¬ 
plique, chaque jour, 60, 80, 100 ventouses sèches, moitié le matin, 
moitié le soir. Les endroits les plus favorables à leur application 
sont les jambes et les cuisses, où les parties molles forment des cous¬ 
sins qui se prêtent fort bien à l’adaptation des verres; il en place¬ 
rait aussi sur la poitrine; mais, comme presque toujours les malades, 
à cette époque de la maladie, sont très-araaigris, la configuration 
de la cage thoracique et la saillie des côtes rendent difficile leur 
adaptation. 

Je n’ai jamais vu les ventouses sèches produire d’accidents. A la 
place de chaque verre, se forme une ecchymose circulaire; mais 
cette ecchymose ne se termine jamais par suppuration ni par gan¬ 
grène , elle disparaît spontanément au bout de quelques jours. Les 
nouvelles ventouses ne doivent pas être appliquées aux points où 
l’on en a déjà posé; on peut en appliquer 20, 30, à la fois, les enle¬ 
ver, et les réappliquer quand elles ont produit l’effet attendu. 

Souvent la sensation de succion que donne la ventouse cause aux 
malades une irripression désagréable, quoique sans grand inconvé¬ 
nient ; quelquefois l’amélioration qu’ils éprouvent est tellement sen- 


— 25 — 

sible, qu’ils réclament eux-mêmes de nouvelles ventouses : ainsi la 
malade de l’observation 2 ne manquait pas, chaque matin, de prier 
M. Béhier d’ordonner qu’ow lui mît encore des petites bêtes qui lui 
faisaient tant de bien. 

Quels sont les effets de l’application des ventouses? Elles déter¬ 
minent une congestion intense vers les téguments, et détournent 
ainsi des parties profondes une certaine quantité de liquides; la 
peau se couvre de sueur, sa température s’élève un peu; en un mot, 
les phénomènes physiologiques de la diminution de la pression ex¬ 
térieure se manifestent; bientôt les symptômes pulmonaires s’amen¬ 
dent, la respiration est moins gênée; le pouls se relève et perd de 
sa fréquence. J’ai vu, dans quelques cas, les ventouses agir assez 
puissamment pour calmer le délire du malade, pour tirer celui-ci de 
la somnolence. 

Il est indispensable d’appliquer des ventouses deux fois au moins 
en vingt-quatre heures; sans cela, l’effet salutaire qu’elles produi¬ 
sent serait momentanément suspendu, et le poumon, vers lequel le 
sang a tant de tendance à se porter, serait de nouveau envahi par 
ce liquide. Les résultats seraient, selon moi, plus heureux et plus 
sensibles encore, s’il était possible de faire quatre ou cinq applica¬ 
tions de ventouses par jour, car la révulsion serait plus continue. 
Inutile de dire que l’on doit prendre les précautions nécessaires 
pour ne pas exposer le malade au refroidissement, pour ne pas le 
fatiguer par des dérangements fréquents. 

Dans les cas où l’on serait arrivé à reconnaître la forme apoplec¬ 
tique de l’hyperémie pulmonaire, ce mode de traitement serait par¬ 
faitement indiqué, et je le préférerais à tous les autres moyens qu’on 
emploie ordinairement contre les hémorrhagies du poumon. Il ne 
faudrait pas alors hésiter à en appliquer un très-grand nombre, 
et à répéter fréquemment cette application, afin de détourner du 
poumon la plus grande quantité possible de sang. 

Il arrive quelquefois que la congestion pulmonaire domine telle- 

803, - Mich ou. 4 


^ 26 — 

ment la maladie, que les efforts du médecin sont presque exclusive¬ 
ment dirigés contre elle, et que, les accidents qu’elle détermine «ne 
■fois conjurés, la fièvre typhoïde est ramenée à la forme simple. 

Bien entendu que l’emploi des ventouses ne détournerait pas le 
médecin des autres indications qui se présenteraient. Ainsi-Fadyna¬ 
mie qui accompagne si souvent cette forme de la fièvre typhoïde 
iréclame quelque alimentation. M. Béhier donne de très-bonne 
heure du bouillon, de l’extrait de quinquina dans un julep, quel¬ 
ques cuillerées de vin de Bordeaux ; en agissant ainsi, M. Béhier 
soutient les forces du malade, conserve à l’estonttac son aptitude à 
recevoir ultérieurement des aliments plus substantiels, et prépare 
des convalescences franches. Bientôt on peut donner un lait .de 
poole, qui se digère très-facilement, un œuf à la coque, de légers 
potages, des gelées végétales, des viandes blanches, etc. Bien ne 
demande plus de sagacité que l’alimentation à la suite de la fièvre 
typhoïde ; il faut, pour ainsi dire, marcher à tâtons, s’arrêter s’il 
survient quelque exacerbation, et ne pas craindre de résister au dé- 
sir du malade, qui demande sans cesse à manger ; avancer graduel¬ 
lement si les aliments sont bien supportés. Si le délire est assez 
intense pour réclamer l’attention, on le combat par les antispasrtio- 
diques en lavements, seuls ou associés à l’opium. La diarrhée sera 
traitée par les moyens appropriés, mais elle n’est qu’exceptionnel- 
lement assez abondante pour qu’on ait besoin d’intervenir cointre 
elle. 

11 n’est pas besoin d’insister sur l’importance qu’on doit attacher 
à l’hygiène: on place le malade dans une salle saine, claire, aérée, 
d’une température douce et uniforme ; on le tient dans le plus grand 
état de propreté ; on éloigne de lui les personnes ou les objets dont 
la vue lui serait désagréable. On cherche à lui inspirer de la con¬ 
fiance en sa guérison prochaine; on détourne de son esprit les préoc¬ 
cupations pénibles, les idées tristes ; on évite de lui causer des émo¬ 
tions vives, de quelque nature qu’elles soient. 


— 27 — 

Je ne saurais mieux démontrer l’efficacité de l’application des ven¬ 
touses sèches dans le cas d’hyperémie pulmonaire, qu’en rapportant 
quelques-unes dès nombreuses observations que j’ai recueillies dans 
le service de M. Béhïer. 

OBSERVATION F®. 

Fièvre typhoïde à forme thoracique; 5‘40 ventouses sèches. Guérison. 

Le 31 janvier 1857, est entrée à l’hôpital Beaujon, salle Sainte- 

Monique, n® 32j P. (Marie), âgée de 18 ans, domestique à 

Neuilly, née à Flavigny (Côte-d’Or), habitant Paris depuis un an 
Les réponses de ta malade sont courtes, lentes à se produire, et 
annoncent une intelligence peu développée ou affaiblie par la ma¬ 
ladie. 

Il y a quinze jours, elle a été prise de frissons, de courbature, de 
diarrhée, de perte d’appétit, de soif vive, de toux intense sans ex¬ 
pectoration. Ces symptômes ont toujours continué depuis ; pour 
tout traitement, elle a pris des lavements simples. 

État actuel, 1®'’ février. Décubitus dorsal, faiblesse extrême, im¬ 
mobilité complète ; mouvements impossibles, même pour boire la 
tisane ou pour prendre le crachoir; prostration, face vultueuse, 
yeux à demi fermés et peu vifs; langue sèche, rude, d’un gris sale 
au milieu, blanche aux bords , rouge vif à la pointe, lancéolée; 
lèvres et gencives couvertes d'e fuliginosités, dents de la mâchoire 
supérieure couvertes d’un enduit noir, bouche à la fois amère et 
pâteuse; peu de gêne pour la déglutition des liquides, quoique la 
mastication et la déglutition fussent pénibles au moment où elle a 
cessé de* manger. Elle a eu dès le commencement des nausées fré¬ 
quentes, qui n’ont cessé que depuis quelques jours ; ventre ballonné, 
tympanite à l’épigastre, matité ailleurs, gargouillements abondants; 
douleurs spontanées, plus vives à la pression, surtout à la fosse 



— 28 

iliaque droite ; cinq ou six garde-robes par jour; la rate est peu ou 
point hypertrophiée. 

Pouls à 112, petit, pressé, régulier; peau chaude. 

Respiration pénible, râles humides abondants dans toute l’éten¬ 
due dé la poitrine; toux fréquente et fatigante, sans expectoration; 
à la percussion, diminution de la sonorité, mais pas de matité 
réelle. 

Sensation de chaleur partout, surdité presque complète, somno¬ 
lence continuelle, délire tranquille ; pas de céphalalgie. 

Taches rosées lenticulaires très-nombreuses sur l’abdomen et sur 
la poitrine. 

Les indications à remplir ici sont : combattre les symptômes pul¬ 
monaires, relever les forces de la malade; 1 gr. .50 d’ipéca, 60 ven¬ 
touses sèches sur les membres inférieurs; extrait de kina, 2 gr. 

2 février. Elle dit se trouver mieux, la toux seule la fatigue; 
moins d’oppression, moins de somnolence, moins de délire, très-peu 
de selles; pouls à 112; les râles sont à peu près les mêmes, la face 
est moins vultueuse. — Extrait de kina, 2 grammes ; 80 ventouses 
sèches sur les membres inférieurs (40 le matin, 40 le soir), demi- 
lavement avec 12 gouttes de laudanum et 0 gr. 35 de musc; gomme 
sucrée; diète. 

Les ventouses ont laissé sur les cuisses de larges ecchymoses de 
la forme du verre qui a servi à les appliquer ; même état qu’hier. 

— Même prescription. 

Le 3. Un peu de coma, le sommeil est agité, la respiration se , 
fait plus facilement, les râles diminuent notablement d’abondance; 
la toux moins grasse et moins fatigante, crachats muqueux peu 
abondants; pouls à 95, moins petit; peau chaude, quelques tinte¬ 
ments d’oreille, quelques éblouissements..— Même prescription , et 
de plus 1 gr. 20 d’ipécacuanha. 

Le 4. Elle a modérément vomi, se dit mieux; moins de diarrhée, 
même soif; langue large, sèche, rude; toux fréquente; râles à 


~ 29 — 

grosses bulles, peu abondants, s’entendant dans toute l’étendue de 
la poitrine, surtout à droite, à la base et en arrière ; pouls à 96, peau 
moins chaude, beaucoup moins d’oppression. — 80 ventouses en 
deux fois ; 2 grammes extrait de kina, gomme sucrée. 

Le 5. La malade va sensiblement mieux ; le pouls est à 84, la 
peau moins chaude; la surdité moindre, car elle entend sonner 
l’horloge de l’hôpital; les râles diminuent, la respiration est sensi¬ 
blement améliorée, le coma moins prononcé, le délire à peine ap¬ 
préciable. — Même prescription, et de plus 2 bouillons et 2 potages 
légers. 

Le 6. Il reste à peine de l’oppression ; le mieux continue, les 
râles sont peu abondants ; la malade revient sensiblement à la con¬ 
naissance ; la diarrhée persiste, ainsi que le ballonnement; l’état de 
la langue est le même ; pouls à 80 ou 84, peau sans grande cha¬ 
leur. — 80 ventouses sèches, lavement avec 12 gouttes de lauda¬ 
num, 2 grammes extrait de kina; 2 bouillons, 2 potages. 

Le 7. État général satisfaisant; la respiration est libre, pas 
de toux, pas d’expectoration, peu de râles; pouls, 72 à 76; 
état intellectuel amélioré ; la malade commence à sourire et à 
parler. — Supprimer les ventouses ; continuer le reste de la pres¬ 
cription. 

Le 8. Plus de délire, sommeil bon, respiration facile, presque 
plus de râles; langue humide à la pointe, sèche à la base; diarrhée 
.encore abondante ; pouls à 56 ou 60, sans caractères spéciaux. — 
Même prescription. 

Le 10. Pour la première fois, elle accuse de l’appétit et se dit 
très-bien ; poitrine libre, plus de diarrhée ; pouls à 60. — Pour tout 
traitement, 2 gram. extrait de kina ; 2 bouillons, 2 potages. 

Le 11 , elle est tout à fait bien. '— Même prescription et une 
portion. 

Le 14, très-bien. — 2 portions. 

Le 15. La malade se plaint de douleurs dans l’épaule droite, où 


— 30 — 

l’oa û observe pas de gonflement ; appétit; garde-robes normales. 
— Vésicatoire valant sur-le deltoïde ; même prescription du reste. 

Le 16. La douleur de l’épaule, est passée; bon état;, la malade 
s’est levée sans avoir éprouvé de fatigue. — 2 portions. 

Le 19 février, la malade sort, tcèsrbien portante, sans grande 
faiblesse. 

Celte observation offre un exemple de la prédominance des acci¬ 
dents thoraciques ou de la forme pectorale au second degré, et de; 
l’adynamie. Sans doute, tous les phénomènes, indiqués dans la des¬ 
cription générale des symptômes ne s’y rencontrent pas, mais les 
plus importants s’y retrouvent presque à leur summum d’intensité. 
Les indications se réduisent à deux, mais elles sont formelles : com¬ 
battre la congestion pulmonaire, soutenir les forces de la malade. 
La première indication a été. remplie par l’emploi des ventouses 
sèches; la seconde, par l’administration de l’extrait de quinquina. 
A peine avait-on commencé l’application des ventouses, que l’état 
de la poitrine s’améliorait. On a. continué.de prescrire les ventouses, 
et le mieux est devenu de plus en plus sensible ; en même temps, 
l’état général perdait de sa gravité, et bientôt la convalescence s’éta¬ 
blissait. Une fois, il est.vrai, on a donné de l’ipéca ; mais déjà la ma¬ 
lade allait mieux, ses forces, étaient assez relevées pour lui per¬ 
mettre de supporter les secousses du. vomissement, et l’ipéca était 
surtout indiqué par la difficulté de l’expectoration : il a été un ad¬ 
juvant des ventouses, il n’aurait pu.Les remplacer. Le laudanum et 
le musc ont été. administrés contré la diarrhée, et le délire ', mais la 
grande indication a con.stamment été fournie par les phénomènes 
thoraciques ; si l’on n’eût combattu ces accidents avec avantage, la 
malade aurait certainement succombé par asphyxie lente. Selon moi, 
la guérison est due presque en entier à l’application persévérante des 
ventouses sèches.. 


— 31 — 


OBSERVATION IL 

Fièvre typhoïde à forme thoracique ; application de 480 ventouses sèches. 

Guérison. 

•Le .19 février 1857, est entrée à l’hôpital Beaujon, salle Sainte- 
Monique, n° 33, P...... (Élisabeth), âgée de 22 ans, domestique, née 

à Bitsch.willer (Bas-Rhin), habitant Paris depuis six mois. 

Accouchée il .y a deux :mois, elle n’a jamais été bien rétablie., 
parce qu’elle a repris son travail trop peu de temps après ses cou¬ 
ches. Il est difficile d’obtenir des renseignements de cette malade. 

20 février. Etat actuel. Immobilité complète, prostration ex¬ 
trême, yeux demi-fermés ; gencives sèches, Tsrunâtres, couvertes de 
fuliginosités à la base des dents; langue sèche, brune au milieu, 
jouge aux bords et à la pointe ; bouche sèche, déglutition facile ; 
pas de nausées, pas de vomissements, pas de douleurs abdominales; 
quatre selles liquides , jaunes, quelquefois involontaires ; urines 
rares, difficiles et douloureuses à émettre ; inappétence complète , 
soif vive, râles sonores et sous-crépitants fins dans toute la poi¬ 
trine; toux fréquente ; crachats muqueux assez épais, s’arrêtant à 
l’ouverture buccale ; dyspnée ; pouls à 112, pressé, petit,; peau très- 
chaude et sèche; céphalalgie vive, surdité intense; taches assez 
nombreuses sur l’abdomen. — Gomme sucrée ; 2 verres d’eau de 
Sedlitz le matin; 1 gramme extrait de kina, dans un julep, pour le 
Aoir; 4 bouillons. 

, Le 21. Pouls à 11,2, .peau chaude et sèche; peu de diarrhée; 
langue très-sale. Les phénomènes thoraciques n’ont ni augmenté ni 
diminué d’intensité. — 1 gramme extrait de kina pour le soir ; vu 
l’état de la langue, 0 gr. 05 de tartre stibié. 

Le 22. L’émétique a provoqué trois vomissements peu abondants; 
peu de diarrhée; pouls à 112, petit, dépressible; peau un peu 
/moins chaude. — Même prescription, moins le tartre stibié. 


— 32 — 

Le 23. La respiration est beaucoup plus gênée ; on entend, des 
deux côtés de la poitrine, au sommet, des râles sibilants; ailleurs, 
des râles muqueux abondants, très-fins à la base; même état du 
reste; pouls à 112; peau chaude, face un peu congestionnée. — 
Même prescription, et de plus 30 ventouses sèches sur les membres 
inférieurs. 

Le 24. La malade dit que les ventouses l’ont beaucoup soulagée, 
et demande qu’on lui remette de ces petites bêtes (elle compare la 
sensation de succion qu’elle a éprouvée à la succion que produirait 
la sangsue) : en effet, la poitrine se dilate mieux, la respiration 
est moins pénible, la congestion de la face moins intense: mais les 
râles n’ont pas sensiblement changé de caractère ni d’intensité. 
Pouls à 116, petit et dépressible ; peau chaude, langue plus humide; 
pour la première fois, épistaxis ; sang brun dans les crachats. — 
30 ventouses sèches; extrait de kina, 1 gramme; 4 bouillons. 

Le 25. Il y a eu un peu de délire; l’état de la poitrine est le 
même; pouls à 112; la région sacrée est rouge, et fait craindre la 
formation d’eschares. — 50 ventouses sèches, lavement avec 
0 gr. 35 de musc et 6 gouttes de laudanup ; poudre de quinquina 
sous la malade. 

Le 26. Un peu moins d’oppression ; les râles et la dyspnée ont 
diminué d’intensité ; le pouls est le même, le délire plus calme. — 
Même prescription. 

Le 27. La respiration est bien plus facile, les râles ont notable¬ 
ment diminué, le délire est moindre. — Continuer le traitement. 

Le 28. Langue très-sale, bouche mauvaise ; la respiration conti¬ 
nue à être de plus en plus facile. — 40 ventouses, 1 gramme kina, 
200 grammes de vin de Bordeaux; ipéca, 1 gramme; 4 bouillons; 
large cataplasme de charbon sur le sacrum. 

1®'“ mars. Mieux sensible, surtout pour la respiration et le délire; 
les râles sont bien moins nombreux, moins intenses, plus gros et 
plus humides. — Même prescription. 

Le 2. Moins de difficulté à respirer, moins de râles ; la malade 


— 33 — 


commence à entendre, car elle entend pour la première fols qu’on 
lui prescrit 40 ventouses, et en témoigne sa satisfaction. 

Le 3. Le mieux continue ; râles peu nombreux et humides par¬ 
tout; pouls à 96 ; langue blanche, humide ; aspect général meilleur; 
peu de diarrhée, trois selles peu abondantes; large eschare au sa¬ 
crum. — 2 grammes kina, 200 grammes de vin de Bordeaux; 
30 ventouses sèches; pansement au styrax, lavement musqué; 
4 bouillons. 

Le 4, mieux plus sensible. — Même prescription, plus une 
portion. 

Les 5, 6, 7, même traitement. 

Le 8. La malade, pour la première fois, se dit bien; pouls à 76, 
peau fraîche, très-peu de diarrhée ; respiration libre, à peine quel¬ 
ques bulles de râles muqueux. L’eschare du sacrum a 0“‘,03 sur 
O^OI ; sa profondeur est de 0““,004 environ; elle est rose, bour¬ 
geonne bien. — Supprimer les ventouses ; même prescription 
pour le reste. 

Le 9. Il n’y a plus qu’à s’occuper de l’eschare du sacrum et à 
diriger l’alimentation ; la poitrine est libre ; pas de diarrhée ; la ci¬ 
catrisation de la plaie paraît assurée, la convalescence est franche. 
— Panser l’eschare ; une portion. 

Jusqu’au 28, là malade reste à l’hôpital pour le traitement de 
l’eschare du sacrum ; elle sort alors parfaitement guérie , entendant 
bien, ayant bon appétit et bon sommeil; son visage est devenu 
plein, et elle commence à reprendre un peu d’embonpoint. 

Il est bon de noter que chaque ventouse sèche a toujours produit 
une petite ecchymose, sans ulcération ni suppuration ; les membres 
inférieurs en étaient littéralement marbrés. Ces ecchymoses dispa¬ 
raissaient au bout de quelques jours, sans qu’on fût obligé de s’en 
occuper. 

Cette observation est des plus concluantes. Comme dans la précé¬ 
dente, la congestion pulmonaire et l’adynamie sont les symptômes 

1860. - Michou. 5 


— 34 — 


prédominants. Pendant les quelques jours que l’on attend avant 
d’ordonner des ventouses sèches, l’oppression augmente; le tartre 
stibié, non-seulement n’apporte aucune amélioration, mais encore 
déprime la malade sans arrêter la marche ascendante des accidents. 
On applique des ventouses, et le mieux qui se manifeste aussitôt est 
si marqué, que la malade elle-même, malgré la gravité de sa situa¬ 
tion , en a conscience, et demande avec instance que l’on continue 
la même médication. A partir de ce moment, l’état de la malade 
s’améliore de jour en jour ; le léger délire qui survient est une com¬ 
plication sans importance, qui cède facilement à un traitement ap¬ 
proprié. La rougeur du sacrum a amené la production d’une eschare, 
qui heureusement s’est cicatrisée, peut-être parce que la malade 
était déjà en voie d’amélioration. La malade demande elle-même 
que l’on continue les ventouses, tant elle en éprouvait de soulage¬ 
ment ; il n’en est pas toujours ainsi : la sensation de succion agace, 
gêne les malades. Mais il ne faut pas tenir compte de leur opposi¬ 
tion , et l’on doit persister dans l’application des ventouses, en s’ef¬ 
forçant de leur persuader que c’est à cette médication qu’ils doivent 
le mieux qu’ils éprouvent. 

OBSERVATION III. 

Fièvre typhoïde à forme thoracique; 550 ventouses sèches; amélioration notable, 
puis attaque cholériforme. Guérison. 

Le 14 août 1857, est entrée à l’hôpital Beaujon, salle Sainte-Mo¬ 
nique, n” 15, R. (Élisa), cuisinière, âgée de 22 ans, née à 

Écranvillë (Calvados), habitant Paris depuis vingt mois. 

Malade depuis plus d’un mois, elle dit avoir eu une fièvre mu¬ 
queuse ; on l’a purgée sans grand effet. Il y a dix jours, elle a fait 
une fausse couche à dix mois de grossesse ; par les parties génitales, 
s’écoule encore du sang lochial. Elle donne sur ses antécédents des 
détails peu complets. 

État actuel, le 14 août. t)écubitus dorsal, prostration ; face hé- 



— 3ô — 

bétée, congestionnée, inquiète; immobilité absolue; langue sèche, 
grisâtre, rouge à la pointe ; bouche amère et pâteuse ; soif vive ; 
pas d’appétit; diarrhée assez abondante, ventre ballonné, gar¬ 
gouillement iléO'Cæcal; toux fréquente, sans crachats; respiration 
pénible; râles sibilants et râles muqueux dans toute l’étendue de la 
poitrine ; pas de matité, bien que la sonorité soit peu claire à la 
base de la partie postérieure de la poitrine ; pas de retentissement 
de la voix; pouls à 104 , peau chaude; mal de tête assez intense; 
taches rosées lenticulaires sur l’abdomen ; il n’y a jamais eu de sai¬ 
gnements de nez. En ville, on a mis sous l’aisselle droite un vésica¬ 
toire qui a glissé jusque sur la fesse du même côté, où il a produit 
vésication; l’épiderme y est enlevé, et le derme est couvert de 
plaques grises, comme pseudo-membraneuses. — 2 verres d’eau de 
Sedlitz; 100 ventouses sèches sur les membres inférieurs (50 le 
matin , 50 le soir) ; 2 bouillons, 2 potages. 

Le 15. Elle a été bien purgée; pouls, 108 ; peau chaude ; langue 
humide; ventre ballonné; respiration toujours difficile ; toux fré¬ 
quente et pénible, sans crachats; mêmes râles. — Même prescrip¬ 
tion , moins l’eau de Sedlitz. 

Le 16. La respiration est moins difficile, la toux persiste sans 
expectoration; mêmes râles , même état du reste. —Même prescrip¬ 
tion ; plus, extrait de kina, 1 gr. dans unjulep. 

Le 17. Pouls, 104 ; peau chaude , langue humide , bouche moins 
mauvaise, soif vive; peu de diarrhée; ventre assez ballonné, tym- 
panique; respiration plus facile; toux grasse; crachats visqueux 
peu abondants, avec du sang brun, venant de l’arrière-bouche; la 
poitrine est un peu plus sonore à la percussion ; les râles sont plus 
humides, moins abondants ; pas de mal de tête; sommeil très-bon ; 
taches rosées nombreuses sur l’abdomen. — 100 ventouses sèches 
(50 le matin, 50 le soir), lavement avec 12 gouttes laudanum; 
catapL; kina, 1 gr. ; 4 bouillons. 

Le 18. Pouls, 100, bis feviens ; peau chaude, langue humide; 
même état de la poitrine et du ventre. — Même prescription. 


— 36 — 


Le 19. Elle respire mieux , les râles ont beaucoup diminué; tou¬ 
jours un peu de diarrhée ; langue humide. —• 50 ventouses sèches 
(25 le matin, 25 le soir), le reste ut supra. 

Le 30. Elle se trouve beaucoup mieux; pouls, 96, régulier, relevé; 
moins de diarrhée; respiration libre, presque plus de râles.— 
Même prescription, moins les ventouses. 

Le 21. Depuis hier il est survenu une diarrhée très-abondante, 
la poitrine est en bon état. — Julep gommeux; kina, 1 gr.; grand 
lavement, avec 12 gouttes de laudanum ; 4 bouillons. 

Le 22. Toux pénible, râles dans toute la poitrine, sans oppres¬ 
sion ; crachats bronchiques avec quelques filets de sang brun ; som¬ 
meil impossible, à cause de la fréquence des selles. —Sirop de 
groseilles; lavement laudanisé; 4 bouillons. 

Le 23. Selles plus fréquentes encore. — Même prescription , plus 
potion avec 4 gouttes de laudanum. 

Le 24. Dans la nuit du 22 au 23, elle a eu quelques vomissements 
dont on n’a pas parlé à la visite d’hier. Dans la soirée du 23, les 
vomissements ont recommencé; une diarrhée liquide, très-abon¬ 
dante, blanche, persiste; indifférence à ce qui l’entoure, aspect 
abattu, visage amaigri; immobilité; yeux excavés, entourés d’un 
cercle bleuâtre; parole faible, lente; elle se plaint d’étouffer; 
pouls, 100, à peine perceptible; peau froide partout; mouvements 
du cœur très-faibles; veines bleues volumineuses sur la poitrine. 
On ne peut savoir si la malade urine, les selles involontaires pou¬ 
vant être mêlées d’urine. — La potion laudanisée a été vomie aussitôt 
après son administration; le soir on a donné de la glace; julep 
gommeux, 150 gr., avec 60 grammes de rhum; diète, glace. 

Le 25. Elle n’a vomi qu’une fois dans la journée du 24; le soir les 
vomissements ont recommencé, et duré toute la nuit. Elle n’a eu 
qu’une selle, qui est jaune; elle paraît un peu mieux ; pouls à 112, 
un peu relevé; la peau a repris de la chaleur; la face est moins pâle, 
les yeux aussi excavés. — Même prescription. 

Le 26. La réaction est franchement établie; pouls, 108; peau 


— 37 — 


chaude, face rouge, yeux excavés; encore quelques vomissements; 
pas de diarrhée ; elle a un peu uriné. — Même prescription. 

A partir de ce jour, le mieux se continue, quoique de temps en 
temps il y ait encore quelques vomissements. Le traitement con¬ 
siste surtout en précautions hygiéniques, en lavements et potions 
opiacés pour prévenir le retour de la diarrhée, en glace contre les 
vomissements. La malade sort le 10 septembre en très-bon état. 

Cette observation démontre : 1 “ quels accidents peuvent déterminer 
l’application d’un vésicatoire et la dénudation de l’épiderme, dans 
une maladie septique comme la fièvre typhoïde ; 2“ que l’état du 
poumon s’est rapidement modifié sous l’influence des ventouses 
sèches. Les accidents cholériformes qui sont survenus à l’époque où 
la convalescence allait s’établir constituent une maladie nouvelle 
arrivant après une autre maladie, sans qu’il y ait entre les deux 
d’autre relation qu’une simple coïncidence. Lors même que la ma¬ 
lade aurait succombé, je n’en présenterais pas moins l’application 
des ventouses comme ayant donné de prompts et excellents ré¬ 
sultats. 


OBSERVATION IV. 

Fièvre typhoïde à forme thoracique; 600 ventouses sèches. Guérison. 

Le 3 novembre 1857, entre à l’hôpital Beaujon, salle Beaujon, 
Léonard X.. âgé de 21 ans, scieur de long, habitant Paris de¬ 

puis trois mois, ayant toujours joui d’une bonne santé. 

Le 31 octobre, il a été pris de diarrhée, de faiblesse dans les 
jambes, de mal de tête; cet état, auquel on n’a opposé aucun trai¬ 
tement, a persisté jusqu’à l’entrée à l’hôpital. 

État du malade le 4, à la visite : décubitus dorsal, réponses 
lentes, céphalalgie avec bourdonnements d’oreille, pouls à 106, 
peau chaude, langue sèche; ventre un peu ballonné, douloureux à 



— 38 — 


la pression dans la fosse iliaque droite, où l’on constate du gargouiI« 
lement; diarrhée, toux, râles bronchiques dans la poitrine, pas 
de cracha,ts. — Gomme sucrée,, eau de Sedlitz; 4 bouillons. 

Le 5. Le malade a été agité la nuit, légers soubresauts des ten¬ 
dons ; même état pour le reste, — Bain dans la salle; 4 bouillons. 

Le 6. Délire pendant la nuit, pouls à 100; les symptômes thora¬ 
ciques ont augmenté ; la respiration est plus faible qu’à l’état nor¬ 
mal, 34 inspirations par minute, oppression, râles bro.nchiques, 
pas de matité. — 150 ventouses sèches, en deux fois, sur les mem¬ 
bres inférieurs ; lavement avec 0 gr. 50 c. de musc et 12 gouttes de 
laudanum; gomme sucrée ; 4 bouillons. 

Le 7. L’oppression a diminué après l’application des ventouses, 
mais elle n’a pas disparu ; la toux persiste également, délire pen¬ 
dant la nuit, soubresauts des tendons, ventre dans le même état, 
diarrhée, pouls à 88. — Même prescription. 

Le 8. Beaucoup moins de délire, plus de soubresauts des ten¬ 
dons, la toux et l’oppression ont diminué ; la respiration est calme, 
large, sèche; quelques râles bronchiques persistent; ventre dans le 
même état, trois selles pendant la nuit; pouls à 92, petit; peau 
sèche et chaude. — Même prescription. 

Le 9. Pas de délire, somnolence, peau toujours sèche et chaude, 
langue sèche, diarrhée, respiration libre. — Même prescription, plus 
un bain dans la salle. 

Le 10. Le malade est plus éveillé, peau moins chaude, langue 
moins sèche, ventre moins ballonné, diarrhée; point de délire. — 
Même prescription , moins les ventouses et le bain. 

Le 11, même état. — Même prescription, plus 2 verres d’eau de 
Sedlitz et 1 gr. extrait de kina. 

Le 12, pouls à 88, langue un peu humide, diarrhée, respiration 
très-bonne. — Bain dans la salle; extrait kina, 1 gr. 

Le 13, toujours de la diarrhée, langue sèche, subdelirium. — On 
supprime l’extrait de quinquina, qui dessèche la langue; un quart 
de lavement avec 0 gr. 50 c. de musc. 


— 39 — 


Le 14, la langue redevient humide, la diarrhée persiste, plus de 
délire, pouls à 84. — Même prescription. 

A partir de ce jour, la diarrhée diminue, le délire ne reparaît 
point; le pouls descend insensiblement et arrive à 65 ; il est calme, 
faihle. 

L’extrait de kina est redonné le 18 avec un léger potage ; les 
forces se relèvent, on augmente chaque jour la quantité d’aliments, 
et le malade sort parfaitement guéri le 13 décembre. 

On voit ici les symptômes thoraciques arriver en quelques jours 
à un haut degré d’intensité ; à peine les ventouses sont-elles ap¬ 
pliquées, que les accidents diminuent et bientôt disparaissent du 
côté de la poitrine; en même temps, le pouls perd de sa fréquence; 
les phénomènes nerveux diminuent également, ils disparaissent en¬ 
suite, ainsi que les symptômes abdominaux, sous l’influence d’une 
médication appropriée, et la convalescence s’établit franchement. 

OBSERV.4TION V. 

Accidents thoraciques ; emploi de l’ipéca, puis des ventouses sèches. Guérison. 

Le 11 février 1858, est entré à l’hôpital Beaujbn, salle Beaujon, 
P..... (Jean-Rapli'ste)‘, âgé de 16 ans, garçon palefrenier, né dans 
la Lozère, habitant Paris depuis trois mois; d’une constitution ro¬ 
buste , il déclare n’avoir jamais été malade jusqu’ici. Le 2 février, 
sans cause appréciable, il a été pris d’un brisement général, les 
membres inférieurs étant comme cassés, et d’un violent mal de tête; 
néanmoins il a pu ne pas s’aliter. Le 9, le 10 et le 11 au matin, il 
a saigné du nez. Depuis deux jours, il a des éblouissements, des 
vertiges, une légère douleur épigastrique, une douleur abdominale 
bien plus intense, et que la pression exaspère ; de la diarrhée ; il 
titube en marchant. 



— 40 — 

État le 12, au moment de la visite. Décubitus dorsal; quoique 
rabattement ne soit pas considérable, l’immobilité est complète; 
face fortement colorée ; yeux légèrement fermés, exprimant l’in¬ 
quiétude ; bouche entr’ouverte ; langue très-sècbe, rouge clair à la 
pointe, rouge foncé ailleurs , à peine blanchâtre sur les côtés, 
sèche; lèvres arides; bouche un peu mauvaise, soif vive ; inappé¬ 
tence. Vefntre douloureux spontanément ; la pression exagère la 
douleur, surtout à la région iléo-cæcale. Diarrhée etssez abondante; 
urines diminuées d’abondance , rouges, difficiles à émettre. Dans 
toute la région ombilicale , gargouillements abondants ; pouls, 88, 
fort ; peau très-chaude ; un peu de toux sans crachats ; la percus¬ 
sion et l’auscultation ne révèlent rien de particulier dans la poi¬ 
trine. La céphalalgie est notablement diminuée. Ouïe dure; peu de 
sommeil ; plus de délire ni de vertiges depuis que le malade s’est 
alité. Pas de taches sur le ventre. — Eau de Sedlitz, 2 verres; la¬ 
vement émollient ; gomme sucrée ; 2 bouillons. 

Le 13. Le naalade a été abondamment en diarrhée. Pas de mal 
de tête ; pas de sommeil. Langue poisseuse, rouge à la pointe ; 
pouls, 96, très-redoublé ; pas de taches. — Grand lavement à l’eau ; 
2 bouillons. 

Le 14. Même état; même prescription. , 

Le 15. Le malade se dit assez bien. Pouls à 96, dicrote ; peau 
chaude ; langue blanche, rouge à la pointe ; un peu de diarrhée ; 
gargouillements abondants ; douleur iléo-cæcale. Peu de sommeil ; 
les yeux sont plus vifs. — Julep gommeux avec 0 gr. 50 d’extrait de 
quina ; 2 bouillons ; lavement émollient. 

Le 16. Se trouve assez bien. Pouls, 100; peau douce, souple; 
langue humide , blanchâtre ; douleur iléo-cæcale, un peu de diar¬ 
rhée. — Même prescription. 

Le 17. Pouls, 84; peau fraîche et douce; langue toujours blan¬ 
châtre; gargouillements et douleur iléo-cæcale; quelques taches 
rosées sur le thorax. Sommeil assez bon. Il tousse depuis hier et 


— 41 — 

crache assez atondamment, quoique avec peine ; la respiration est 
obscure à droite et à la base. ■— 1 gr. 50 d’ipéca ; meme prescrip¬ 
tion pour le reste. 

Le 18. Il a vomi abondamment, et se dit brisé; la respiration 
se fait un peu mieux à droite. — Même prescription, moins l’ipéca. 

Le 19. Rien de particulier à noter. La langue est devenue rose et 
humdie ; plus de soif; un peu d’appétit; sommeil assez bon ; pas de 
céphalalgie. — Même prescription. 

Le 20. Se dit assez bien, mais tousse beaucoup et avec effort; 
on entend des râles vibrants un peu humides dans toute la poitrine ; 
la langue est blanche. — 1 gramme ipéca ; suspendre le kina ; 
2 bouillons. 

Le 21. Il a peu vomi, quoiqu’il ait fait de violents efforts qui 
l’ont fatigué beaucoup ; la langue est aussi blanche. On entend 
dans toute la poitrine des râles vibrants et muqueux très-abon¬ 
dants; la toux continue ; 25 inspirations par minute. Les deux pou¬ 
mons sont comme engoués ; la percussion révèle une diminution 
d’élasticité des parois thoraciques. — 60 ventouses sèches, dont 30 
le matin et 30 le soir; 2 bouillons. 

Le 22. Pas de changement notable. — Même prescription. 

Le 23. Il entend mieux; les yeux sont brillants et vifs; les râles 
sont devenus moins abondants, plus humides et plus gros; la toux 
persiste avec expectoration de crachats bronchiques ; taches sur la 
poitrine, gargouillements, douleur iléo-cæcale. — Même prescrip¬ 
tion, et de plus 1 gr. 50 d’extrait de kina. 

Le 24. Il est manifestement mieux ; les râles sont plus humides, 
le sommeil bon ; cependant la langue reste un peu sale, et il y a un 
peu de diarrhée. — Même prescription. 

Le 25. Le mieux continue ; la respiration se fait bien, quoique la 
toux persiste avec expectoration de crachats de bronchite ; mais la 
sonorité de la poitrine est parfaite, les râles diminués. Pouls à 80, 
peau fraîche et douce. — Même prescription, moins les ventouses. 

J860. —Michou. 6 


— 42 — 


A partir de ce jour, le malade va de mieux en mieux ; l’appétit 
augmente, la soif diminue , les symptômes thoraciques disparaissent 
peu à peu. Le malade sort le 25 mars, en très-bon état, toussant à 
peine, quoiqu’il ait été pris, le 12, d’une légère varioloïde. 

On peut remarquer dans cette observation les variations fré^ 
quentes qui sont survenues dans l’état général, dans l’état de la ca¬ 
vité buccale, du pouls, de la poitrine, etc. La maladie, d’abord 
simple, prend bientôt la forme thoracique, surtout du côté droit. 
Tant qu’on administre l’ipéca, qui cependant paraît bien indiqué, 
on n’obtient que peu ou point d’amélioration, et les efforts de vo¬ 
missement affaiblissent le malade. A partir de l’emploi des ventouses 
sèches, le mieux s’établit d’une manière évidente et continue très- 
régulièrement. Sans la varioloïde survenue le 12 mars, le malade 
serait sorti beaucoup plus tôt. 

OBSERVATION VI. 

Forme thoracique ; ventouses sèches en grand nombre; fausses membranes. 

Mort, autopsie. 

Le 29novembre 1858, est entrée à la salleSainte-Monique, lit n“13, 

JM.(Palmyre), âgée de 20 ans, domestique, habitant Paris depuis 

six mois, fille. Cheveux châtain-clair, teint coloré et frais, embon¬ 
point modéré. Excellente santé jusqu’ici. Réglée de' bonne heure 
(13 ans) sans jamais d’interruption , mais en petite quantité et très- 
irrégulièrement. 

La malade comprend à peine les questions qu’on lui adresse, et 
n’y répond que par monosyllabes ; sa parole est brève, et l’on s’aper¬ 
çoit bientôt qu’elle désire ne pas être interrogée, ou parce que cela 
la fatigue ou parce que cela l’ennuie. Les renseignements suivants 
sur sa maladie avant l’entrée à l’hôpital sont donnés par les per¬ 
sonnes chez lesquelles elle demeure. Le 2 ou le 3 novembre, elle se 
plaignit d’être brisée, étourdie; ce malaise augmenta les jours sui- 



— 43 — 

vanîs, et le 6 elle fut forcée de s’aliter : à ce moment, elle avait une 
céphalalgie violente, des saignements de nez abondants, de la toux, 
beaucoup de diarrhée. On l’a fait vomir une fois, et purgée six 
fois. 

État actuel (30 nov.). Décubitus dorsal, immobilité complète, 
abattement; mains croisées sur la poitrine; enduits pultacés sur les 
gencives ; langue collante, peu sèche, à peine sale, rouge à la pointe ; 
inappétence , soif modérée, déglutition facile ; pas de mal de gorge; 
la bouche n’est pas mauvaise; pas de douleurs abdominales, pas de 
gargouillements; pas de selles depuis trois jours ; urines rouges, 
peu abondantes ; taches très-nombreuses sur le ventre et sur la poi¬ 
trine. Pouls à 108, vif, petit, avec tendance au dédoublement; peau 
chaude, sèche, aride ; environ 40 mouvements respiratoires par mi¬ 
nute, et de 12en 12 inspirations, il y en a une profonde; l’air, en 
pénétrant par les fosses nasales (qui pourtant ne sont pas obstruées), 
fait entendre un souffle ; la main, appliquée sur la poitrine, perçoit 
un frôlement, une sorte de frémissement cataire; rien à la percus¬ 
sion. Dans toute l’étendue du thorax, en avant et en arrière, râles 
vibrants, rudes, terminés par un râle sibilant très-aigu ; toux assez 
fréquente, pénible, sans crachats. Insomnie; regard fixe, sans expres¬ 
sion ; yeux constamment ouverts aux trois quarts, pupille normale, 
légère surdité. Pendant la nuit, elle jette souvent ses jambes hors 
du lit, et demande à retourner chez ses patrons ; à part cette idée 
fixe, pas de divagations. La principale indication est de dégager les 
poumons, qui sont évidemment engoués; dans ce but, on prescrit 
1 gramme d’ipéca, et 120 ventouses sèches à appliquer sur les mem¬ 
bres inférieurs (60 le matin, 60 le soir). Diète. 

1®'’ décembre. La malade n’a vomi qu’une fois ; elle n’a pas eu de 
selles ; elle paraît un peu plus éveillée, et respire plus facilement; la 
langue, plus humide, est moins gluante. — Bain alcalin; 120 ven¬ 
touses sèches (60 le matin, 60 le soir) ; julep gommeux avec 1 gramme 
d’extrait de quinquina. 

Le 2. La peau continue à être chaude, aride; le pouls est à 108; 


_ 44 — 

les poumons sont un peu moins engoués ; pas de diarrhée ; délire 
tranquille; elle,demande souvent et avec calœeàs’eo aller.. — 1 gr. 
ipéca , 2 gr., d’extrait de kina dans un julep; 120 vcatouseasèches; 
lavement émollient ; diète. 

Le 3. Le pouls, est à 120, petit; la peau chaude et sèche,; râles 
muqueux et sibilants» surtout à la, base., — Grand lavement à l’eau, 
puis 1 quart de lavement avec 0,30 cent. d,e musc et 3. gouttes de 
laudanum; 2 gr. extrait de kina; 200 gr. bagnoJs;: 120 ventouses 
sèches;, 2 bouillons.. 

Le 4. La malade parait plus fatiguée, plus abattue ; les lèvres, 
les téguments du visage, sont légèrement violacés ; le pouls est petit, 
fréquent, redoublé; la respiration est difficile, non bruyante; les 
poumons sont partout engoués, partout on entend des,râles; pas de 
douleurs abdominales., pas de selles. — Mênae; traitement, plus 
30 grammes de sirop d’ipéca;, sinapismes aux, membres inférieurs, 
à, la poitrine;,, surtout au creux épigastrique. 

(Les ventouses saoil supportées sans gêne aucune ; elles détermi¬ 
nent partout des ecchymoses.) 

Le 5, Moins d’oppression, moins de cyanose; ventre ballonné ; pas 
de selles depuis six jours,, malgré les lavements; langue humide et 
rose; pouls, à 108;. peau moins chaude, aussi aride même état delà 
poitrine., — Continuer le tout, plus un bain et un lavement purgatif: 

Le 6. La malade: a eu ce matin un; peu de hoquet sans nausées, 
néanmoins elle est un peu mieux î la langue est humide et rose, la 
peau moins chaude ; un peu de sommeil; elle a été bien purgée. — 
Gomme sucrée; julep, extrait de kina, 3 gr.; bagnols, 200igr.; la¬ 
vement avec laudanum;, 6 gouttes., et 0,30 cent, de musc; bain; 
200 ventouses. 

Le; 7. Hier soir, sa respiration paraissait plus gênée ; ce matin, 
elle est moins oppressée ; elle a un. peu de hoquet, quelques nausées 
chaque fois quelle veut cracher ; pouls d’une fréquence extrême, 
peau chaude, moins aride. — Sirop d’ipéca par cuillerées ; même 
traitement du reste. 


— 45 — 


Le 8 . Lai malade a à peine vomi, mais, elle a été abondamment à 
la selle ; elle est dans une- demi-torpeur et ài moitié: asphyjîiée ; la 
poitrine est partout engouée', avec des râles muqueux abondants et 
des; râles sibilants partout 7 la respiration est râlante, les lèvres 
œdématiées ; pouls à t-^Oau moins. — Extrait de fcina, 8 grammes ; 
bagnols, 200 grammes ; ipéca, 1 gramme; lavement avec 0,30'cent. 
musc et 6 gouttes, laudanum. 

Dans, le; but de combattre l’asphyxie en provoquant de puissantes 
inspirations, on applique à l’épigastre le marteau dé Mayor ; cette 
application arrache quelqjues cris à la malade, qui se* retourne 
brusquement ; aux points où le marteau a porté, il y a vésicalio». 

Le 9. Elle a vomi hier un peu plus que le-jour précédent ; à cinq; 
heures du soir, elle transpirait abondamment. Aujourd’hui il y a 
sur les piliers et sur les amygdales des fausses membranes. Les cra¬ 
chats sont visqueux, transparents, moins difficiles à rejeter ; il y a 
des râles muqueux d'ans toute l’a poitrine; au niveau de l’omoplate 
droit, ou entend du souffle et un peu de retentissement de Ik voix. 
— Extrait kina, 3 grammes; bagnols, 200 grammes ; ipéca, 1 gr. ; 
lavement avec musc, D gr. 30', et laudanum, 6 gouttes ; marteau de 
Mayor; 120 ventouses sèches. 

Dans la journée du 7', l’oppression a augmenté considérablement ; 
en' même temps, est survenu un délire pendant lequel la malade 
s’est jetée â bas de son lit', ün râle laryngé bruyant s’èst manifesté, 
Ites téguments sont devenus violacés, et Fasphyxie a terminé la vie 
de la malad'e à minuit. 

Autopsie le tl, à dix heures du matin. Dans toute Fêtendue dù 
larynx, de la trachée et des grosses bronches, sécrétions pultacées 
gris pâle, ou plutôt blanc salé, peu adhérentes, mollasses, s’enlé- 
vant par lambeaux en certains points, ailleurs s’écrasant sous la 
pince ; le raclage avec le manche du scalpel les détache partout fà- 
cilement ; très-peu d’écume bronchique. Sous ces produits, la mu¬ 
queuse est injectée et présente dé nombreuses stries violettes. Le 
parenchyme pulmonaire est fortement congestionné aux parties 


— 46 — 

postérieures, principalement à la base; il est rouge-brun, mat, 
gorgé de sang ; on y distingue néanmoins les éléments qui le con¬ 
stituent, et un fragment jeté dans l’eau ne surnage ni ne va préci¬ 
sément au fond du vase ; les autres parties surnagent ; aucune ad¬ 
hérence ancienne ou récente, aucune trace de maladie organique. 
Le cœur est rempli de caillots bruns. La rate n’est pas sensiblement 
augmentée de volume, non plus que le foie; leur tissu n’est pas 
altéré. Les plaques de Peyer sont toutes fortement enflammées, 
boursouflées, violettes ; les deux plaques les plus rapprochées du 
cæcum présentent plusieurs ulcérations peu profondes , arrondies , 
avec une suppuration légère. Les ganglions mésentériques sont 
augmentés de volume, violets, mais aucun d’eux n’est ulcéré. Rien 
au cerveau, si ce n’est la coloration noire du sang, dont sont gor¬ 
gées toutes les veines. 

La malade dont je viens de rapporter l’observation présentait, 
dès son arrivée à l’hôpital, des symptômes de la plus grande gra¬ 
vité; il est à remarquer que du côté de l’abdomen, il n’y avait 
aucun des troubles fonctionnels de la fièvre typhoïde ; la maladie se 
manifestait presque exclusivement par des troubles de la respiration. 
Les ventouses .sèches, appliquées en très-grand nombre et suppor¬ 
tées sans aucune gêne, ont d’abord amené une amélioration qui 
nous donna un moment d’espoir ; mais bientôt de nouveaux sym¬ 
ptômes apparurent, et la malade a succombé. Doit-on, pour cela, 
accuser les ventouses sèches d’avoir été inutiles ? Nullement ; elles 
ont donné les résultats qu’on était en droit d’en attendre, et l’exa¬ 
men cadavérique, en révélant, dans la partie supérieure des voies 
respiratoires, l’existence de produits pseudo-membraneux, a montré 
on même temps quelle était la cause de la terminaison fatale. L’hy- 
perémie puirrionaire, à laquelle correspondaient les symptômes de 
la respiration , prouve que les ventouses avaient été judicieusement 
appliquées ; mais pouvait-on demander à celles-ci de s’opposer au 
développement des fausses membranes ? Non. Il n’y a pas, entre la 
congestion et la production pseudo-membraneuse, relation de cause 


_ 47 — 

à effet ; il n’y a que coïncidence, et cette coïncidence , dans une 
circonstance aussi grave, devait nécessairement amener l’aggrava¬ 
tion de l’état de la malade. 

Je n’ai pas la prétention d’avoir cherché à présenter les ventouses, 
sèches comme un spécifique de la fièvre typhoïde à forme thora¬ 
cique ; j’ai voulu seulement démontrer que par leur emploi on com¬ 
bat victorieusement un symptôme d’une extrême gravité, et qui 
souvent suffirait à lui seul pour conduire le malade au tombeau. 

Les ventouses sèches trouvent leur application toutes les fois que 
l’on veut obtenir une révulsion énergique, sans recourir à des moyens 
douloureux, perturbateurs ou irritants. Elles conviennent dans les 
cas de congestions pulmonaire, cérébrale, etc., dans les bronchites 
des petites bronches, dans les recrudescences de l’emphysème, dans 
les diarrhées rebelles ; elles sont également indiquées lorsque l’on 
désire appeler la congestion vers un organe, par exemple à la partie 
interne et supérieure des cuisses dans la dysménorrhée. Selon les 
cas, selon l’effet que l’on veut obtenir, on les applique près ou loin 
de l’organe affecté, on les renouvelle ou on les suspend. Il est bien 
rare, quand elles sont indiquées comme je l’ai dit, que l’on n’eu 
retire pas de grands avantages, et le médecin n’aura jamais à re¬ 
douter leur emploi, puisque, même dans une maladie où l’on a à 
craindre les accidents que peuvent provoquer les révulsifs, leur ap¬ 
plication est d’une innocuité absolue. 




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oî. 

QUESTIONS 

SUR 

LES DIVERSES BRANCHES DES SCIENCES MÉDICALES. 


Physique. — Des lois de l’équilibre des liquides dans des espaces 
capillaires; application à la cirçulation. 

Chimie. — Caractères distinctifs de l’oxyde de«calciuna. 

Pharmacie. — Des préparations dont l’aconit fait la base ; 
décrire ces préparations, les comparer entre elles. 

Histoire naturelle. — Comparer entre eux les deux grands em¬ 
branchements des végétaux embryonnés, désigûés Sous les noms de 
monocotylédonés et dicolylédonés. 

Anatomie. — Des organes qui reçoivent des filets du nerf facial. 

PhysiblagiCii/^ Des principales théories de l’asphyxie. 

Pathologie interne. — De la péritonite puerpérale. 

Pathologie externe. — Des fractures du corps et de l’extrémité in¬ 
férieure du fémur. 

Pathologie générale. — Des crises dans les maladies. 

1860. —Michou. 7 



— 50 — 

Anatomie pathologique. — Des divers modes de rétrécissement 
du pharynx et dé rœsophage. 

Accouchements. — Des différents modes d’allaitement. 

‘ Thérapeutique. — Valeur comparative des principaux tænifuges. 

Médecine opératoire. — De la ligature des vaisseaux. 

Médecine légale. — Des caractères cadavériques de la mort par 
submersion. 

Hygiène. — De la lumière atmosphérique dans ses rapports avec 
ja'sanlé. 


Vu, bon à imprimer. 

BOUCHARDAT, Président. 

Permis d'imprimer. 

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, 


ARTAUD.